Texte en français 2

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception Grégori Jean

, par Le webmaster

En vue de la préparation du cours, les étudiants devront bien entendu lire la Phénoménologie de la perception — thèse principale de Merleau-Ponty, publiée en 1945, dont le caractère massif et touffu peut parfois effrayer. Et de fait, l’enjeu de ce cours sera de nous y frayer des chemins en en saisissant la logique interne — qui n’est finalement rien d’autre que l’expression de la méthode de Merleau-Ponty, en tant qu’elle consiste à articuler et à compléter les unes par les autres trois sources :
1/ Les résultats de la psychologie et de l’éthologie expérimentale de son temps. A cet égard, sa thèse complémentaire, publiée en 1942 sous le titre La structure du comportement, est exemplaire et devra faire l’objet d’une attention particulière.
2/ L’histoire de la philosophie — notamment le cartésianisme, le kantisme, la phénoménologie de Husserl et de Heidegger, mais aussi de Sartre.
3/ La description phénoménologique, en première personne, de l’expérience perceptive, de son « essence » et de ce qu’elle implique relativement à la conception du sujet, des choses, du monde, du corps, du temps et d’autrui.

Bibliographie

Notre matériau de travail privilégié sera évidemment le texte au programme — Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, « Tel », 1976 — que nous complèterons par La structure du comportement, Paris, PUF, « Quadrige », dont il est à bien des égards inséparable, même si les deux ouvrages obéissent à des stratégies philosophiques différentes.

Pour entrer dans ce massif, les étudiant disposent de plusieurs outils :

Littérature primaire

1/ En 1971, Maurice Dayan publie aux PUF, collection « SUP », une anthologie de textes de Merleau-Ponty sous le titre « Existence et dialectique ». Ce recueil, assez bien fait, permet d’obtenir une vue synoptique de l’œuvre tout en restant à son contact direct — même si son organisation thématique, le conduisant à croiser des textes de différentes périodes, tend à « aplatir » l’évolution de la pensée merleau-pontyenne et à encourager l’interprétation rétrospective de ses premiers textes publiées depuis ses œuvres plus tardives — Signes, L’œil et l’esprit ou Le visible et l’invisible.
2/ Un autre ouvrage, publié en 1996 chez Verdier sous le titre Le primat de la perception et ses conséquences philosophiques, regroupe trois textes moins techniques publiés entre 1933 et 1946 et qui, à cet égard, constituent une bonne introduction aux problèmes que nous aurons à traiter systématiquement.
3/ La transcription d’une série d’émissions radiophoniques à laquelle participa Merleau-Ponty en 1948, publiée au Seuil en 2002 par Stéphanie Ménasé sous le titre de Causeries (collection « Traces écrites »), peut jouer le même rôle — même si Merleau-Ponty s’y engage déjà, après la rencontre du structuralisme — et notamment de la linguistique saussurienne —, dans une voie nouvelle qui allait aboutir à l’ouvrage inachevé de 1952, La prose du monde.

Littérature secondaire

La littérature secondaire consacrée à l’œuvre de Merleau-Ponty est évidemment immense, surtout en France. J’invite cependant les étudiants à s’en méfier — non pas parce qu’elle ne serait pas de qualité, mais parce qu’elle n’a d’intérêt philosophique réel qu’une fois familiarisé avec l’œuvre elle-même. A de rares exceptions près, c’est l’auteur qui aident à comprendre ses commentateurs, et non l’inverse. Et dans l’optique de l’agrégation, c’est bien avec la pensée du premier qu’il s’agit de se familiariser, et non avec les interprétations des seconds, aussi ingénieuses et éclairantes soient-elles par ailleurs.
Pour celles et ceux qui ne voudraient/pourraient pas s’en passer, je conseille toutefois :
1/ Les deux petits volumes parus chez Ellipse, dans les collections « Philo-philosophes » et « philo-textes », le premier consacré par Renaud Barbaras à Merleau-Ponty en général, le second par Etienne Bimbenet au chapitre III de la Structure du comportement (chapitre central pour comprendre l’articulation de ce premier ouvrage avec la Phénoménologie de la perception).
2/ Pour les courageux et les téméraires, l’ouvrage tiré par Renaud Barbaras de sa thèse de doctorat, De l’être du phénomène. Sur l’ontologie de Merleau-Ponty, paru chez Millon en 1991.