Séminaire ArPhI (Arts, Philosophie, Images)

Image ralentie, image accélérée. Réflexions des cinéastes Jean Epstein et Jean Comandon. Jeudi 18 mai 2017, 10h30-12h30, amphithéâtre 60, Carlone

, par Le webmaster

Arnaud Maillet

Maître de conférences en histoire de l’art contemporain, Université Paris-Sorbonne

L’image accélérée ou ralentie constitue une sorte de « loupe temporelle » cinématographique. Ainsi, une plante semble tout d’un coup s’animer, voire tâtonner en poussant, tel le liseron, par exemple. Un glacier ou des dunes de sable qui paraissaient immobiles donnent subitement l’impression de se mouvoir. Une balle traversant un mur fait l’effet d’un feu d’artifice en en ressortant. Une mer fluide et agitée se transforme en magma épais, allant presque jusqu’à se figer. Dans ces conditions, quelle image du monde le cinéma nous donne-t-il à voir exactement ? De quelle manière les variations de vitesse du défilement de l’image en mouvement reconfigure-t-elle le monde et ses représentations ?
En confrontant les films et les écrits de Jean Epstein (1897-1953), cinéaste, poète et philosophe, et ceux du Dr Jean Comandon (1977-1970), responsable du laboratoire des prises de vues scientifiques chez Pathé, il s’agira aussi de comprendre la façon dont ces images cinématographiques, en prolongeant nos sens, en nous donnant à voir plus qu’avec notre simple œil « nu » — i.e. non appareillé —, restructurent ou déplacent notre perception de spectateur, l’image cinématographique changeant d’échelle, de rythme ou de modèle la connaissance que nous avons du monde visible et invisible.