Esthétique

Esthétique et philosophie Patrick Métral

, par Le webmaster

Nous entrerons dans le domaine de l’esthétique, en tant que « vaste empire du beau » selon l’expression de Hegel, à partir de la question suivante : qu’est-ce que la beauté ?

Cette question – comme toute question authentiquement philosophique – peut surprendre par sa simplicité. Le beau se rapporte volontiers à ce qui nous plaît et le débat semble clos avant même d’avoir été ouvert. Mais si le beau plaît effectivement et s’il suscite généralement un plaisir, il ne semble pas superflu d’interroger les fondements et les causes d’un tel plaisir en décrivant la structure de l’émotion esthétique et en s’efforçant de remonter à l’origine – naturelle ou artistique, idéelle ou matérielle, sensible ou intelligible – de cette émotion. Si la beauté n’est pas une propriété objective de l’objet, au même titre que sa forme, sa couleur ou ses dimensions, elle est toujours le résultat d’une rencontre, singulière et unique, entre un sujet et un objet. On touche d’emblée au cœur du paradoxe : la beauté emprunte au sentiment sa caractéristique subjective et le jugement esthétique ne semble pas pouvoir se comprendre et se décrire sur le mode du jugement strictement rationnel. Mais on ne saurait cependant éprouver « de la beauté » comme on éprouve de la joie, de la tristesse ou le simple plaisir de se sentir vivre. Le sentiment esthétique nécessite donc la présence – réelle ou remémorée, matérielle ou représentée – d’un contenu ou d’un support objectif à partir duquel il peut s’engendrer . C’est la structure de cette corrélation que nous tenterons d’approcher et de décrire en nous appuyant sur quelques grands textes de la tradition (Platon, Aristote, Hume, Kant, Hegel...) que nous réinterrogerons parfois à la lueur de la modernité philosophique (Nietzsche) et de l’approche esthétique contemporaine (Panofsky). Nous mesurerons ainsi l’importance des questions et des réflexions d’ordre esthétique pour la philosophie tout en reconnaissant l’irréductibilité des problèmes que soulèvent l’expérience de la beauté et le spectacle d’une œuvre d’art.

Bibliographie :

Ce cours ne présuppose pas une connaissance préalable en esthétique mais il est fortement conseillé de lire ces deux ouvrages avant la rentrée. Les étudiants sont libres dans le choix des éditions.

Editions utilisées en cours :
* − PLATON, Hippias Majeur, La Pléiade, Gallimard, trad. Robin, 1950, Tome 1.
* − ARISTOTE, Poétique, trad. M. Magnien, Le livre de Poche, 1990.

Autres ouvrages utilisés durant le cours, bibliographie non exhaustive :
* − PLATON, Le Banquet, Phèdre, République, Œuvres complètes, La Pléiade, Gallimard, 1950, Tome 1.
* − ARISTOTE, De l’âme, trad. Bodeüs, GF, 1993.
* − KANT, Critique de la faculté de juger, trad. Philonenko,Vrin, 1993.
* − HEGEL, Cours d’esthétique, trad. Lefebvre, 1995, Aubier.
* − SCHOPENHAUER, Le Monde comme volonté et comme représentation, trad. Burdeau, PUF, 1966.
* − NIETZSCHE, La naissance de la tragédie, trad. G. Bianquis, Gallimard, 1949.
* − Erwin PANOFSKY, Idea, trad. Joly, Gallimard, 1983.
* − Erwin PANOFSKY, Essais d’iconologie, trad. Herbette et Teyssèdre, Gallimard, 1967
* − Erwin PANOFSKY, L’oeuvre d’art et ses significations, trad. M. et B. Teyssèdre, Gallimard, 1969.